mardi 15 mai 2007

Les Estrangin d'Arles

Cette chronique de la famille ESTRANGIN a été rédigée par Mr Louis ESTRANGIN, avoué à Marseille et terminée le 21 juin 1939. Elle a été recopiée fidèlement par Mme Miette PROVANSAL, descendante de M. Alexis ESTRANGIN, avoué, le 26 février 1971. Et transmise en 2005 par notre cousine Agnès Rostand. Je me permets d'en reprendre le texte sur ce blog afin de le partager plus largement avec la famille, nos proches et amis.

Les ESTRANGIN de la branche d’Arles

Notre ancêtre Pierre Estrangin eut trois enfants. Nous avons déjà cité notre arrière grand-père LOUIS et MARGUERITE épouse Rostand. Mais il avait un fils aîné, JEAN.

Celui-ci fut Procureur à la Sénéchaussée d'Arles. Il est le point de départ d'une branche de la, famille ESTRANGIN, dite Branche d'Arles. Cette branche est, pour ainsi dire, dès le début autonome : j'entends qu'elle ne vint jamais se confondre ultérieurement par mariage avec la famille de Louis, ni avec celle de Marguerite Rostand.

Autant celles-ci nous apparaissent comme liées l'une à l'autre par une telle série d'unions qu'elles ne cessent de se confondre, de s'enlacer, de ne faire vraiment qu'une, autant le famille de Jean nous semble dès le début étrangère. Les Louis Estrangin et les Rostand sont en toutes circonstances, en toutes aventures, en toutes fêtes, en tous dangers, toujours côte à côte. Jamais nous ne rencontrons un Estrangin d'Arles au milieu d'eux. Froideur, brouille dès la première génération ? ou simplement l'éloignement, si tant est que l'on puisse prétendre, que d'Orgon partir pour Arles est s'expatrier.

Les relations de famille, quelle que soit l'hypothèse, s'espacèrent si bien entre cette branche d'Arles et les deux autres que la veuve d'un de ces arlésiens devenu avoué prés de la Cour d'Aix n'invoqua aucun lien de parenté suffisamment serré pour renouer la moindre amitié sincère avec l'Estrangin, descendant de Louis, lorsqu'en 1591 il devint avoué prés de la même cour d'Aix. Les pères de ces deux confrères étaient en réalité cousins issus de germains.

On note dans cette famille d'abord un chanoine de la Cathédrale d'Aix, Xavier ESTRANGIN. Il prêta le serment à la Constitution Civile du Clergé, mais dit-on, avant que le Pape ait fait défense à se prêter à ce qui fut ensuite reconnu comme un schisme. Il rétracta alors son serment. Il mourut en 1838.

Les vénérables stalles de bois sculpté de St Sauveur ont donc connu parmi leurs vénérables occupants un Estrangin psalmodiant l'office, le col orné du ruban bleu pale et, drapé dans la cape violette. Le corps appesanti de l'un des nôtres s'est appuyé par le bon bout sur la miséricorde hypocrite pendant les grandes messes pontificales .... il y a 100 ans passés.

Parmi les habitants d'Arles dont les biens furent saisis pendant la révolution figurent deux Estrangin de cette branche

1° Estrangin (sans prénom) droguiste, et son nom est suivi de la mention "émigré et rentré pour s'unir aux rebelles"

2° Julien Estrangin, homme de loi et son épouse née Autheman, les biens séquestrés comprennent un domaine en Crau, et pour la femme une donation de ses père et mère et un legs de Marie Barbaroux, sa tante, le tout d'un montant de 25.000 livres.

Un éminent représentant des Estrangin d'Arles fut Jean Julien Estrangin, avocat à Arles, membre correspondant de l'Institut Archéologique de Rome, de la Sté Royale des Antiquaires de France, de l'Ac. Agriculture, Arts et Belles Lettres d'Aix et de Sté Archéologique de Toulouse, Membre du Conseil Municipal de la Ville d'Arles. Le 28 septembre 1844, par suite de la démission du Maire M. Perrin de Jonquières, il fut investi de la présidence du conseil, devenant premier conseiller municipal remplissant les fonctions de Maire. Il est l'auteur de deux savants et importants ouvrages sur Arles : Etudes Archéologiques, Historiques et Statistiques sur Arles (édité en 1838 chez Aubin, libraire éditeur à Aix) et Description de la ville d'Arles antique et moderne, ouvrage publié en 1845 (Aubin éditeur) et comme le précédent, montrant l'érudition de son auteur et son amour pour sa ville natale.

Le fils aîné de Jean succéda à son père dans la charge de Procureur à la Sénéchaussée d'Arles, le fils de celui-ci fut avocat en cette ville et y mourut en 1870 ; son cousin, nous l'avons dit, fut avoué à la cour d'Aix vers la même époque Cette branche d'Arles n'a donc pas manqué d'hommes de loi. A défaut de cousinage très uni, saluons ces ESTRANGN du titre de confrères. Actuellement quels en sont les descendants ? S'il en existe, je les ignore.

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